Israël se féliciterait d’une présidence Macron

En Israël, l’arrivée en pôle position d’Emmanuel Macron au premier tour des présidentielles est accueillie avec une profonde satisfaction.

Economiste, énarque, doté d’une solide expérience des affaires, on est persuadé que le très probable prochain président français saura renforcer la coopération et les échanges entre l’Hexagone et l’Etat hébreu. En témoigne la réaction sans équivoque des marchés et de la Bourse de Paris (hausse de 4 % du CAC 40 le lundi 24 février).

Macron sera-t-il pro-Israélien ? Lors de sa dernière visite en Israël, il avait dépeint la « start-up nation » comme une source d’inspiration pour moderniser le modèle économique français : « En Israël, il y a un goût du risque, une culture du risque. En France, on l’a oublié. » Emmanuel Macron a condamné sans ambiguïté le boycott des produits israéliens, qu’il a qualifié d’« ignoble ». Reste à savoir si il saura orienter le Quai d’Orsay vers une diplomatie plus pro-israélienne.

Ce qui préoccupe les dirigeants israéliens, c’est l’inexpérience politique et diplomatique de cet ancien ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique. Dans la crise qui a opposé en France les chauffeurs de taxi à leur concurrent Uber, après avoir affirmé vouloir libéraliser la profession, il a reculé sans parvenir à casser leur monopole. Même reculade sur le dossier de l’ouverture des commerces le dimanche : plutôt que de la réglementer par une loi, Macron a abandonné la décision aux maires.

En attendant, ce beau gosse de 39 ans, appelé à être le prochain locataire de l’Elysée, Macron jouit en Israël comme en France d’un capital de sympathie. Comme en témoigne la description qu’en fait Daniel Schneidermann pour Libération ; « Le messie Macron concentre toutes les qualités. Il est moderne. Il veut réformer, mais avec le sourire, pas comme ces grincheux de Valls ou de Juppé, pas comme cet hystérique de Sarkozy, pas comme ce pisse-froid de Le Maire, pas comme ce mollusque de Hollande. »

Sans ça, on sait à présent vers quels candidats se sont portés les électeurs français ayant voté en Israël (seuls 8370 des 80 000 inscrits sur les listes électorales se sont manifestés). Si François Fillon (60,41%) devance Emmanuel Macon (30,93%), à la sortie des urnes, c’est ce dernier qui semblait susciter la plus forte sympathie. Comme l’exprime Gérard Schekler, 64 ans, au sortir des urnes du Consulat français de la rue Ben Yéhouda à Tel-Aviv : « C’est un type brillant, qui a l’air tout à fait capable. » Même opinion pour Fiorella, récemment montée en Israël : « Le monde a changé. On ne peut plus être gouverné par des hommes de 70 ans. Il va rajeunir l’image de la France. » En attendant, une blague circule dans le petit monde des francophones de l’Etat hébreu : « Si au final c’est Macron, faudra se serrer la ceinture. Si c’est Le Pen, faudra se serrer dans l’avion… »

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David Jortner