Patricia Lahy-Engel : l’Alya renforce la coopération France Israel

 

patricia_lahy-engel startup Gvahim israelPatricia Lahy-Engel dirige les programmes d’entrepreneuriat de l’association Gvahim, créée en 2006 pour aider les nouveaux immigrants hautement qualifiés à développer leur potentiel de carrière en Israël.

L’organisation donne aux Olim les outils qui les aideront à comprendre le marché du travail israélien. Elle a également créé un programme appelé Olim Medical pour les professionnels du domaine médical qui se heurtent à des difficultés bureaucratiques.

Interrogée par Startup Europe Israël, Mme Lahy-Engel nous explique les particularités de l’accélérateur de startups TheHive et souligne l’importance de la coopération entre la France et Israël sur le plan de l’innovation.

Pouvez-vous nous présenter le programme The Hive et ce qu’il représente dans l’univers des startups ?

Gvahim dirige deux programmes d’accélérateurs : TheHive pour les startups, à Tel Aviv et à Ashdod, et TheNest pour les entrepreneurs de micro entreprises qui visent le marché local et ne sont pas nécessairement des startups technologiques avec ambition de croissance à grande échelle.

TheHive est un programme d’accélération de 5 mois destiné aux entrepreneurs nouveaux immigrants (Olim) et aux « Israéliens de retour au pays » (Toshavim Hozrim), ayant un projet early stage (en début de course) et dont l’équipe compte au moins deux personnes. Après un processus de sélection, on accepte 10 startups dans le programme, qui inclut l’accès à un espace de coworking, des ateliers, des cours sur les différentes étapes de création d’une startup et des rencontres.

Dans la 1re partie, nous allons aborder la définition de la stratégie, comprendre la proposition de valeur, identifier le business model le plus adapté, traiter les questions liées à la stratégie et à la cible de marché, et enfin bâtir un proof of concept (validation de principe).

Dans la 2e partie, nous allons  nous concentrer sur la stratégie d’investissement : comment approcher les investisseurs, négocier, faire un contrat d’investissement, etc. Nous allons également nous intéresser à la façon  de développer notre stratégie de lancement (go to market).

En outre, à travers des rencontres individuelles avec des experts, mentors et investisseurs, chaque entrepreneur va pouvoir se pencher sur ses besoins spécifiques. Chaque équipe se voit adapter un mentor attitré qui va la suivre pendant toute la durée du programme, l’aider à définir sa stratégie, fixer des objectifs, voir quelles sont les difficultés et lui ouvrir son carnet d’adresses lui permettant ainsi de rencontrer d’autres personnes.

Quelles sont ses particularités ?

TheHive est dédié aux Olim, car nous avons identifié des besoins spécifiques chez les personnes qui ne connaissent pas l’écosystème : comprendre le marché en Israël, « débroussailler cette jungle de la Startup Nation », avoir des personnes de confiance pour les aider…

Nous sommes l’accélérateur le plus international d’Israël, avec des gens qui viennent de tous les pays du monde : 27 nationalités sont passées par notre programme. Des Israéliens souhaitent aussi y participer, car ils y voient la possibilité de faire des rencontres et de partager des idées avec des entrepreneurs venant du monde entier, pouvant leur ouvrir des portes sur les marchés internationaux.

Comment voyez-vous dans les années à venir la coopération entre la France et Israël ?

Je fais partie du comité d’animation de la French Tech en Israël. Le but de cette initiative est de créer des ponts entre les deux écosystèmes, de créer de réels échanges, d’attirer des investisseurs – l’écosystème d’Israël est très riche en investisseurs du monde entier – d’ouvrir des opportunités pour les startups françaises en Israël et inversement, de permettre aux startups israéliennes d’avoir accès à des financements en France.

Il y a une véritable volonté de la France de renforcer les liens avec Israël et je pense que c’est une volonté qui est réciproque. En Israël, jusqu’à maintenant, les entrepreneurs et les startups se tournaient plus vers les États-Unis et l’Asie. Le marché européen reste un peu moins connu de l’écosystème israélien, qui le perçoit comme complexe, avec ses langues et bureaucraties différentes.

Du fait de l’importance de l’Alya de France en Israël et d’une vraie volonté de la France de renforcer ces liens, la coopération va être amenée à augmenter.

D’après vous qu’est-ce que les Français qui font l’Alya ou les entreprises françaises qui s’intéressent à Israël peuvent apporter à Israël ?

L’Alya est l’un des vecteurs qui vont renforcer la coopération entre la France et Israël. Les startups emploient des Français ou sont créées par des Français. Elles se tournent plus naturellement vers la France comme marché potentiel. Des entrepreneurs viennent délocaliser leurs sociétés ici. Il y a énormément de nouveaux modèles de coopération qui vont apparaître dans les prochaines années.

Autant en Israël on est très bon dans la création de nouvelles technologies, démarrage de nouvelles sociétés, mais on a plus de mal à les développer sur le long terme, autant en France, on est bon pour la réflexion à long terme et les processus de travail, le marketing, et on est parfois un peu lent dans la prise de décision et la réactivité par rapport aux Israéliens. Nous avons donc tout à gagner à travailler ensemble, car on se complète.

Propos recueillis par Yaël Ancri