Israel : les startups entendent bien profiter de l’ubérisation de l’ économie

econome uberisation israelLorsque Travis Kalanick – le fondateur d’Uber – réalisa que nombre d’automobilistes privés seraient prêts à offrir les mêmes services qu’un taxi, il ne savait pas qu’il allait inventer un nouveau concept : l’ubérisation. Le mot fait désormais partie du vocabulaire de l’ économie mondiale : il désigne la mise en relation directe d’un fournisseur de service avec un client demandeur, par delà toutes les structures établies (monopoles, contrats d’exclusivité, professions protégées, etc.)

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Pour les grands groupes industriels et commerciaux d’aujourd’hui, l’ubérisation représente une dangereuse menace.
Comme l’écrit Guillaume Sarlat dans Le Figaro : « Tous les business-modèles des grands groupes pourraient être disruptés, ubérisés, désintermédiés, commoditisés, en un mot ; pulvérisés par une multitude de startups plus agiles et innovantes. » Sentiment partagé par le publicitaire français Maurice Lévy, PDG de Publicis : « Tout le monde a peur de se faire ubériser. »

L’esprit industrieux et inventif des jeunes entrepreneurs israéliens a tout de suite compris l’intérêt qu’il y avait de surfer sur cette dynamique et d’ubériser nombre d’activités. Ils ont également compris qu’il ne fallait pas laisser s’implanter Uber en Israël, mais créer une structure absolument similaire qui lui fasse concurrence : c’est ainsi qu’est né la startup Gett. Le concept est le même : battre en brèche le monopole des taxis et libéraliser le marché du transport privé des personnes. La stratégie de Gett se calque d’ailleurs sur celle de son concurrent : dès qu’ils apprirent qu’Uber venait de s’allier avec Toyota, Shahar Waiser et Roi More, les patrons de la startup Gett ont aussitôt négocié un partenariat de 300 millions de dollars avec Volkswagen.

Autre ubérisation réussie : la startup Fiverr.com. Leur offre s’adresse au citoyen lambda qui cherche à promouvoir son activité sur internet : il a donc besoin d’un créateur de site, d’un logo, de graphistes, de contenus, de traductions, d’animations audio ou vidéo. A cela, l’équipe de Fiverr.com ajouté la création d’encarts publicitaires et l’offre de cadeaux d’entreprise. Son business-model est extrêmement simple : Fiverr.com met en relation un client ayant une demande précise avec le prestataire de service et prélève une commission au passage.

hobbies Une initiative du même type – GroupBuy.com – propose des achats groupés à des producteurs de biens ou services. A l’origine de cette initiative, il y a David Shadpour, un nouvel immigrant américain de 27 ans. Diplômé de la Yeshiva University,  ses connaissances en informatique lui font rapidement trouver du travail en Israël. « Mais maîtrisant mal l’hébreu, et incapable de marchander, chaque fois que je faisais les courses,  j’avais l’impression de me faire avoir. Car dès que vous commencez à parler anglais dans un magasin, on vous prend pour un riche américain et les prix augmentent. Je me suis dit qu’en s’organisant à plusieurs, en groupant nos achats, on pouvait obtenir des rabais significatifs. » Il propose désormais, en association avec pinterest.com, de l’alimentation, des ordinateurs, des vêtements, des voyages, des outils, mais aussi les leçons de piano, des séances de yoga, des cours d’initiation au parapente, etc : bref tout l’éventail des grands et petits besoins de la vie quotidienne.

Pour que le système fonctionne, il faut que l’offre intéresse un certain nombre de personnes. Si le quota nécessaire n’est pas réuni, les premiers souscripteurs sont avisés par mail que leur carte bancaire n’a pas été débitée. Dans le cas contraire, l’acheteur reçoit un coupon par mail, qu’il imprime pour faire valoir ce que de droit.

Si certains secteurs de l’ économie israélienne sont déjà ubérisés (comme la location saisonnière d’appartement, trustée par AirBnB), d’autres niches restent encore à découvrir – en dépit de la résistance des États et des grands groupes. L’ubérisation de toutes les activités économiques est en marche : on pourrait même dire que la création du Bitcoin et des monnaies virtuelles est uneubérisation des moyens de paiement officiels, créées et détenus par les Banques Centrales…