Emploi en Israël : Grande demande de personnel qualifié dans les startups

Emploi israel startupProblèmes d’emploi pour la startup nation florissante ? Toujours est-il que du fait que le nombre de sociétés de haute technologie a doublé en Israël ces trois dernières années, ne trouvant personne développer leurs projets, nombre d’entre elles voient les investisseurs s’éloigner. Et le passage de l’intuition à la réalisation s’en trouve retardé.

 

Les responsables de cette situation, ce sont d’abord les géants multinationaux du secteur. Installés en Israël depuis plusieurs années, Google, Apple, Microsoft, Intel, 3M (pour ne citer que ceux-là) s’adjugentles talents les plus prometteurs en leur faisant miroiter des salaires forts conséquents. Mais il n’y a pas que l’attrait de la rémunération : pour un développeur israélien, avoir été employé chez l’un de ces mastodontes, c’est l’assurance de pouvoir à l’avenir se vendre 10 ou 20% plus cher sur le marché israélien de l’emploi qualifié, d’autant que celui-ci est en situation de rareté !

 

Mais le système d’éducation a aussi sa part de responsabilité. Chaque année, le secteur du high-tech nécessite 7000 nouveaux emplois. Or les universités israéliennes ne produisent que 4700 diplômés en ingénierie et en informatique. Et cela, en dépit du fait que les salaires à l’embauche sont deux fois et demie supérieurs au salaire moyen local : 18.000 shékels (environ 4500 dollars). Et la relève ne semble pas assurée puisque seuls 10% des bacheliers présentent 5 unités en maths au baccalauréat.

 

Résultat : les jeunes pousses israéliennes se voient obligées de délocaliser leurs ressources humaines et de travailler à distance. Aujourd’hui leurs directeurs pilotent depuis Israël le travail de collaborateurs basés à l’étranger. Comme l’explique Limor Kidron, une “chasseuse de têtes“ spécialisée dans l’emploi des spécialistes en informatique : « 60% des ingénieurs que nous faisons travailler le font désormais depuis leur pays d’origine. Ils se trouvent Ukraine, en Norvège, au Canada. C’est un nouveau modèle économique qui doit tout à la mondialisation. Les projets se développent désormais sur plusieurs continents à la fois. »

 

Cette pénurie de travailleurs qualifiés préoccupe naturellement le gouvernement. Avi Hasson, ancien chef du Bureau scientifique au ministère israélien de l’Économie, est le premier à avoir tiré le signal d’alarme. Le manque de personnel commence à se faire sentir sur les chiffres de l’emploi et des statistiques. En 2007, les startups israéliennes contribuaient pour 13% du PIB de l’État hébreu : en 2012, leur participation n’est plus que de 11,5%.

 

Au ministère de l’Éducation, on est conscient qu’il est urgent de contrer la tendance. La première décision des responsables a consisté à dissoudre le Bureau scientifique des Finances est à le remplacer par une Autorité de l’Innovation.  Le ministre Naftali Bennet a prévu tout un éventail de bonifications financières pour les jeunes qui se destineraient à des études scientifiques. Des incitations fortes visent également à encourager les meilleurs éléments du public orthodoxe et de la communauté musulmane à se lancer dans des formations universitaires, et à s’intégrer au marché du travail. Mais en haut lieu on sait que « le temps n’est pas de notre côté, mais le moment est venu de réagir. »