Comment les technologies israéliennes protègent les constructions contre l’éventualité d’un séisme

startup israel seisme immobilierLe tremblement de terre qui a récemment endeuillé l’Italie a réveillé de douloureux souvenirs en Israël. Aucun des responsables de l’État hébreu n’a oublié qu’au cours des siècles, ce type de catastrophe naturelle a aussi frappé Israël. En 1837, les villes de Tsfat et Tibériade sont partiellement détruites et on dénombre 7000 victimes.  En 1927, un séisme d’amplitude 6,25 cause de terribles dommages à Jérusalem. Ce tremblement de terre – dont l’épicentre se situait près de Jéricho – provoqua l’effondrement de nombreux immeubles, dont l’hôpital Augusta Victoria du mont Scopus, où 300 personnes perdirent la vie. Des secousses moins meurtrières, mais tout aussi préoccupantes sont ressenties en 1956, 1995 et 2004.

Pour prévenir ce genre de catastrophe, Israël a défini un plan : Tama 38, acronyme de l’expression hébreu (תוכנית המתאר הארצית) pour « plan de renforcement de la terre ». Conscient du fait qu’Israël est situé sur la faille syro-africaine, le gouvernement israélien s’est employé à définir de nouvelles normes architecturales pour veiller à ce que les nouveaux bâtiments puissent résister à des tremblements de terre.

Tout commence à la fin des années 1970. S’inspirant des avancées japonaises en matière de génie sismique, les architectes israéliens mettent au point des méthodes pour renforcer les immeubles déjà existants. Ils n’ont aucune peine à faire voter une loi qui prévoit la consolidation des immeubles de plus de deux étages : c’est le plan Tama 38. Il ne concerne pas les immeubles qui seront construits après cette date. Car leurs constructeurs ont pris acte de la menace et ont appliqué des normes de fabrication plus stricte.

Reste à savoir qui va payer, car renforcer un immeuble est coûteux. Pour résoudre ce problème, l’État explique aux propriétaires que le renforcement de leur construction va accroître la valeur de leur bien. Ils pourront en plus, agrandir sans fiscalité supplémentaire leur appartement de 25m2, construire sur les toits et ajouter un étage. Et pour encourager les constructeurs, plusieurs exonérations leur seront consenties.

Le succès du plan Tama 38 tient au fait qu’il satisfait tout le monde. 1) Les propriétaires d’appartements reçoivent sans frais un bâtiment renforcé, une façade rénovée, l’infrastructure mise à niveau, un hall et des cages d’escalier mises aux normes, voire un ascenseur, qui augmente la valeur des propriétés par plus de 20%. 2) Les sociétés de construction tirent des profits de la rénovation en utilisant les droits d’extension. 3) Le gouvernement protège ses citoyens du potentiel futur malheur, modernise son parc de logements, et gagne des recettes fiscales supplémentaires lors des futures transactions.

Ce plan prendra plusieurs années pour recevoir le soutien de l’opinion. Mais une fois un projet achevé avec succès, les propriétaires des bâtiments voisins, initialement sceptiques, finissent par y souscrire, et réunir l’accord de deux tiers des copropriétaires pour engager une rénovation n’est plus un problème.

Véritable victoire du génie des technologies israéliennes, l’un des aspects les plus méconnus du TAMA 38  ̶  outre la facilité avec laquelle il a outrepassé les obstacles bureaucratiques  ̶  c’est le défi technique que représente le renforcement d’une structure de 3 ou 4 étages. En 2011, le gouvernement a provisionné 3,5 milliards de shékels pour les 25 années à venir. A ce jour, 140 millions ont déjà été utilisés pour renforcer des bâtiments publics.

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