Une startup israélienne débrouille les fils de l’affaire des enfants yéménites

myheritage_startupUne startup israélienne s’attaque à l’affaire des « enfants yéménites » suite aux pressions des différents gouvernements qui se sont succédé depuis la naissance de l’Etat hébreu, l’affaire dite des « enfants yéménites » a longtemps été censurée dans l’opinion publique israélienne. Ce n’est que très récemment que plusieurs voix se sont élevées pour faire la vérité sur cette affaire, plus de 60 ans après. Le 21 juin dernier, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a d’ailleurs déclaré dans une interview télévisée : « Je pense que le moment est venu de découvrir ce qui s’est passé et de rendre justice. »

Rappel des faits. Suite à la proclamation de l’Etat d’Israël, la sécurité de la communauté juive du Yémen est gravement menacée : pogromes, assassinats, pillages. Les responsables israéliens décident alors d’exfiltrer la quasi-totalité des juifs du Yémen en Israël. C’est l’opération « Tapis Volant ». En un an, grâce un pont aérien secret de 300 avions, l’immense majorité d’entre eux (49.000) va ainsi immigrer dans le nouvel Etat juif.

Pour eux, issus d’un mode de vie agraire, primitif et tribal, ce transfert est un véritable choc culturel. A leur arrivée, les enfants malades et les femmes sur le point d’accoucher sont placés d’office dans des hôpitaux et souvent séparés de leurs proches. Quelques milliers de familles apprendront alors que leur enfant est décédé et que les bébés qui devaient naître n’ont pas survécu.

Le doute s’installe dans les esprits quand on refuse de montrer aux parents le corps de leurs enfants. Des juristes relèvent nombre de fautes dans les avis de décès. On sait aujourd’hui que la vérité fut tout autre. Il apparaîtrait ainsi que, la politique nataliste aidant, tous ces enfants disparus auraient été adoptés par des couples sans enfants.

Résultat : 60 ans plus tard, alors que le gouvernement s’apprête à déclassifier plusieurs milliers de documents sur cette période, nombre d’Israéliens au look résolument méditerranéen, mais portant des patronymes clairement issus des juiveries européennes s’interrogent sur leurs racines. Suis-je moi aussi un enfant « adopté » ?

Et c’est là où la startup israélienne MyHeritage intervient. Elle leur propose non seulement d’établir leur arbre généalogique, mais en plus d’identifier leur signature ADN, afin de pouvoir retrouver par similitude leurs éventuels parents génétiques, s’ils sont encore vivants, ou leurs frères et sœurs. Un lobby yéménite proche de la Knesset a d’ailleurs décidé d’offrir le coût de ces tests  ̶  environ 100 dollars  ̶  à tous ceux qui voudraient ainsi en savoir plus sur leurs véritables origines.

La startup israélienne MyHeritage assure que les examens seront conduits dans la plus complète confidentialité. Pour éviter toute fuite, les analyses seront effectuées dans des laboratoires situés aux Etats-Unis. Les noms des participants ne seront pas publiés sur internet. Les résultats ne seront communiqués qu’à ceux en ayant fait la demande et à aucune tierce partie. Enfin, les utilisateurs auront le droit d’ordonner la destruction des prélèvements et de leurs résultats. Commentant cette initiative, le Dr Rafi Shubeli, militant social, a déclaré : « La vérité est une condition essentielle à la réconciliation sociale. »

Pour information, Guilad Japhet est le directeur exécutif de MyHeritage. Cette startup israélienne, fondée en 2003, a bénéficié de l’aide d’investisseurs privés, dont Bessemer Venture Partners. Implantée en Israël à Or Yéhouda et Tel-Aviv, elle est également présente en Californie et dans l’Etat de Utah (USA). Elle emploie au total 300 collaborateurs. Leader mondial des études généalogiques, MyHeritage est créditée de plusieurs millions d’utilisateurs à travers le monde.

MyHeritage : le site web