Performance des aiguilleurs du ciel israéliens : Gérer un avion toutes les 20 secondes à l’aéroport Ben Gourion (Tel-Aviv)

Aviation transport israel innovationA la différence de leurs homologues de certains aéroports européens, – qui n’hésitent pas à se mettre en grève aux moments de forte affluence – le jeudi 25 août, les aiguilleurs du ciel à l’aéroport Ben Gourion ont fort discrètement battu un record : en 24 heures, ils ont géré – au départ comme à l’arrivée – 489 vols transportant 85 000 passagers. Cette performance (le suivi de 3 appareils à la minute, soit un toutes les 20 secondes) témoigne du niveau atteint par la technologie israélienne, qui équipe la nouvelle tour de contrôle, laquelle culmine à plus de 100 mètres dans la zone ouest du terminal.

Pour éviter les collisions, les aiguilleurs du ciel doivent soigneusement s’assurer, pour chaque appareil qui décolle, que l’avion qui le précède a bien franchi l’extrémité de la piste et effectué son virage. Et inversement, pour chaque aéronef prêt à atterrir, il faut lui confirmer que celui qui le précède a bien dégagé la piste. Des précautions d’autant plus nécessaires qu’en raison des turbulences de sillage, deux avions ne doivent jamais se suivre de trop près. La technologie israélienne de localisation par senseurs thermiques est ici mise à contribution.

La communication entre la tour de contrôle et les pilotes se passe en anglais. Il est primordial de maîtriser cette langue et de familiariser avec toutes ses variantes et ses différentes prononciations (anglais, anglo-américain, anglais asiatique, australien, etc.) Toutes les communications avec les commandants de bord sont enregistrées, à fins d’enquête éventuelle.

Les aiguilleurs du ciel ont les yeux rivés sur leur pupitre. Leur attention se porte sur trois domaines bien distincts : l’aérodrome proprement dit (où s’effectuent les mouvements au sol), l’approche et le suivi en vol des appareils en route (hors zone aéroportuaire). Comme les outils aéronautiques évoluent en permanence, leur suivi et remise à niveau est assuré par des startups israéliennes spécialisées dans l’électronique de pointe et le contrôle radar.

Comme il s’agit d’une profession sensible, où la concentration et la résistance au stress sont capitales, les autorités de l’aéroport ont négocié en janvier 2016 une significative augmentation de 9 % des salaires des aiguilleurs du ciel, étalée par tranches de 3 % jusqu’en 2018. Au total, un contrôleur stagiaire commence à 7000 shékels mensuels. Mais la progression est très rapide et en fin de carrière, le salaire mensuel d’un aiguilleur du ciel israélien senior atteint les 80 000 shékels (sans compter les heures supplémentaires), ce qui en fait l’une des professions les mieux rémunérées.

Hormis le staff administratif, l’aéroport Ben Gourion emploie ainsi 60 personnes pour diriger les avions dans le ciel comme au sol. Leur formation comprend des cours de météorologie, de navigation, et nombre d’exercices en simulation, plus des stages à l’étranger, est assurée par l’administration aéroportuaire. Est-ce un métier d’avenir ? Pour l’instant, la réponse est oui, bien que l’évolution des technologies vise à fournir davantage d’informations aux pilotes. Les systèmes ATSAW embarqués (Airborne Traffic Situation Awareness) leur offrent en temps réel une image exacte ce qui se passe dans leur environnement, avec identification automatique des appareils voisins, leur altitude et leur cap. Autant d’informations qui facilitent la mission des contrôleurs aériens.