En Israël, c’est au Technion que s’est forgée l’identité de la startup nation.

startup innovation israel En Israël, le Technion de Haïfa  (Institut israélien de technologie) est tout à la fois un institut de recherche et une université publique. C’est cette double orientation  ̶  mener de front recherche fondamentale et applications scientifiques  ̶  qui explique que cette institution figure parmi les premiers centres d’innovations du monde. Le Technion comporte 18départements universitaires, 12 centres médicaux d’enseignement et 60 centres de recherche.

 

Plusieurs enseignants du Technion sont également des Prix Nobel, comme Avram Hershko et Aaron Ciechanover (tous deux en 2004) et Dan Shechtman (en 2011). Le dernier en date étant Arieh Warshel, ancien élève du Technion et prix Nobel de chimie 2013. Le Times Higher Education classe d’ailleurs à égalité le Technion avec le MIT américain comme étant la 8e institution mondiale en nombre de prix Nobel gagnés depuis le début du XXIe siècle. Début 2016, suite de la création en 2011 d’une annexe du Technion sur le campus de l’Université de Cornell à Manhattan, le Technion est devenu la seule institution non américaine habilitée à délivrer des diplômes aux États-Unis après avoir reçu l’autorisation par le conseil de l’enseignement supérieur de l’État de New York.

 

Le point fort du Technion, c’est son aptitude à effectuer des transferts de technologie. Doté d’un budget recherche et développement de 160 millions de dollars, cette activité devrait générer cette année près de 30 millions de dollars en revenus de licences. “Nous possédons environ 50 sociétés dans notre portfolio, auxquelles s’ajoutent 30 entreprises dont nous avons licencié la technologie”, précise Benny Soffer, en charge de la structure de valorisation commerciale du Technion.

 

Point important et qui renforce la motivation des chercheurs,  les royalties d’une invention sont partagées à hauteur de 50-50 entre l’institut et le chercheur. 1.600 startups sont sorties du Technion ces vingt dernières années, 811 sont encore actives et 296 ont été rachetées ou fusionnées. Parmi les succès les plus connus : la clé USB, un médicament contre la maladie de Parkinson ou Rewalk, un robot pour aider les paraplégiques à marcher à nouveau.

 

De plus en plus d’étudiants français désirent désormais rejoindre le Technion. Le Technion concurrence directement les plus grandes universités mondiales. « Nous avons aujourd’hui 1 200 étudiants internationaux sur 14 000 étudiants, soit 30 % de plus qu’il y a sept ans », explique Muriel Touaty, représentante du Technion en France. Par l’exemple, dans le laboratoire du chimiste Ilan Marek : sur seize chercheurs, quatre sont israéliens (dont deux Arabes israéliens), un est belge, trois sont indiens, trois chinois, trois français et deux allemands.

 

Les étudiants des écoles d’ingénieurs françaises ont depuis quelques années la possibilité de faire une partie de leurs études au Technion grâce à des accords de coopération. De Polytechnique à l’Institut Mines Télécom, Paris Sciences Lettres, Paristech et des universités telles que Lyon, Aix-Marseille, Grenoble, Strasbourg, les accords de coopération avec le Technion sont passés de 0 à 30 en 10 ans. Le fait qu’Israël est perçu comme un pays à risques géopolitiques  ̶  et que c’est un Etat juif  ̶  n’est désormais plus un frein.