Les startups israéliennes veulent aussi booster l’emploi et faire du social

emploi innovation israel franceSi les startups offrent des applications qui font gagner du temps et rendent leurs utilisateurs plus efficaces, n’est-ce pas souvent au détriment de l’emploi ?

Effectivement, les détracteurs des nouvelles technologies ont beau jeu de démontrer que celles-ci rendent le recours à autrui désormais obsolète. Plus besoin de demander son chemin à quelqu’un, puisque Waze se charge de nous amener tout seul à destination.

Pour surveiller sa santé, plus besoin de médecin puisqu’on peut mesurer sa tension et suivre son degré d’insuline avec un smartphone. Dans la même logique, plus besoin d’aller à la poste puisqu’avec les messageries internet on peut envoyer tous les courriers qu’on veut à des particuliers ou des administrations. Et idem pour la banque, puisqu’on peut désormais effectuer toutes sortes d’opérations financières. La preuve est donc faite que ces nouvelles technologies tendent à supprimer des emplois.

La responsabilité n’en revient pas seulement aux nouvelles technologies. Il est clair que l’éducation reçue pendant l’adolescence a une incidence directe sur l’accès à la modernité. Dans la société israélienne, deux groupes sociaux se sont trouvés marginalisés du fait d’un cursus scolaire n’offrant aucun appareillage conceptuel compatible avec les nouveaux outils. C’est le cas d’un important pourcentage de la population orthodoxe qui ne dispose d’aucune base en sciences et en mathématiques. C’est également le cas de la minorité musulmane, dont la culture et les traditions ne font pas une place assez large à l’esprit critique, disposition nécessaire pour dépasser les acquis et améliorer l’existant.

Pour endiguer cette tendance à la marginalisation de certains secteurs des sociétés occidentales, surfant sur le dynamisme de la startup nation, plusieurs entrepreneurs ont décidé de relever le défi et de « faire du social ». En Israël, c’est par exemple Moché Friedman, le fondateur de Kamatech. Ciblant principalement le monde religieux, il a réussi à former et à convaincre 8 anciens étudiants de yéchiva à fonder leurs propres startups, créant du coup 70 emplois. Tout cela avec seulement un investissement initial de 6 millions de dollars.

Cette avancée s’est même répandue sur le Vieux Continent. Et notamment en France, avec le Comptoir de l’Innovation : créé en 2010, l’un de ses fondateurs, le Français Nicolas Hazard explique que « les nouvelles technologiques doivent s’appliquer à construire un monde inclusif et durable ». Cet ancien élève de HEC (promotion 2008), que ses professeurs qualifiaient de « gentil idéaliste », s’est retrouvé placé à la tête d’Aviva Investing France, un fonds d’investissement doté de 10 millions d’euros pour faire du « social business ».

En 2014, Nicolas Hazard a réuni à la Mairie de Paris 1500 auditeurs issus du monde des affaires, de la politique, et autres dirigeants du CAC40 à l’occasion de la 3ème édition du « Davos de l’entrepreneuriat social », une manifestation visant à « mettre la finance au service du bien collectif, pour construire une société plus utile et plus agréable ». Dans ce but, joignant le geste à la parole, il a même fondé une structure dans la Silicon Valley, Calso Inc. pour promouvoir l’entrepreneuriat social au pays de l’Oncle Sam.

Concrètement, Nicolas Hazard ̶ élu « Young Global Leader » par le World Economic Forum ̶ s’adresse aux jeunes de 18 à 30 ans. Dans ses bureaux du 104 avenue de la Résistance, à Montreuil, il forme aux nouvelles technologies les futurs entrepreneurs de demain. Il les aide à matérialiser leurs projets, leur adjoint des professionnels pour accélérer le développement de leurs sociétés et les aider à lever des fonds. Objectif : créer ou conserver des emplois locaux durables. Depuis sa création, le Comptoir de l’Innovation (http://www.le-comptoir.co) a ainsi contribué à lancer 20 projets viables.