Volkswagen mise sur la startup israélienne GETT

gett_taxisLe constructeur allemand Volkswagen vient d’annoncer qu’il allait soutenir le développement de la startup israélienne Gett à hauteur de 300 millions de dollars.

Il s’agit là probablement d’une réponse à la nouvelle orientation stratégique opérée par Toyota le 26 mai dernier : le constructeur japonais avait alors surpris tous les observateurs en décidant de soutenir – pour un montant non communiqué – la société américaine Uber, le rival de Gett.

Ces deux décisions qui confirment l’intérêt grandissant des motoristes pour les services de VTC (véhicules de transport avec chauffeur) prennent de court les législations des pays où opèrent les voitures Uber et Gett. On sait en effet que les représentants des sociétés de taxis n’ont pas hésité à saisir la justice pour concurrence déloyale. De leur côté, les avocats des sociétés de VTC ont répliqué en opposant l’argument de la liberté d’entreprendre.

Quoi qu’il en soit, on peut avancer que tôt ou tard l’engouement du public pour les VTC finira par générer une jurisprudence qui leur sera favorable. Pour l’heure, la décision de Volkswagen va renforcer Gett. Fondée en 2011, cette jeune pousse israélienne revendique une présence dans plus de 60 villes dans le monde, dont New York, Moscou et Londres (la moitié des blacks cabs l’utilisent).

Les fondateurs de Gett, Sahar Waiser et Roy More, racontent comment l’idée de créer cette société leur est venue. Au cours de l’été 2009, les deux hommes, qui voyageaient en Californie, devaient se rendre à l’aéroport de Palo Alto. Ils attendirent pendant plus d’une demi-heure un taxi, tandis que des centaines de voitures, pratiquement vides, défilaient devant eux : « On pourrait leur proposer de partager les frais de ce que ça leur coûte de circuler tout seuls… »

Deux ans plus tard, en juillet 2011, les deux hommes fondent une version bêta de GetTaxi à Tel-Aviv. Proposant des tarifs de 20 à 50 % moins chers, le succès est immédiat. Pour appeler une voiture, il suffit de télécharger une application (gratuite) sur son téléphone portable. La société est aussitôt plébiscitée par les faiseurs d’opinions sur les blogs TechCrunch et Mashable.

Le mois suivant, en août 2011, GetTaxi propose ses services aux Londoniens. En mars 2012, des voitures GetTaxi commencent à sillonner Moscou. En juin 2012, la compagnie réussit à lever 30 millions de dollars auprès de divers investisseurs. Le milliardaire anglais Len Blavatnik, qui leur a avancé 9 millions de dollars, va leur faciliter l’accès au marché américain, qui deviendra effectif en août 2014. GetTaxi, devenu entre-temps Gett, entrevoit désormais une croissance régulière à l’international.

Il n’en fallait pas plus pour attirer l’attention de Volkswagen. L’investissement que vient d’opérer le constructeur allemand lui permet de contrôler Gett. Son intention est d’intégrer cette ancienne startup israélienne dans son portefeuille de services. Car Volkswagen n’entend pas seulement demeurer l’un des plus importants motoristes européens : il se veut « fournisseur de solutions de mobilité ».

La question qui se pose est de savoir quand et comment les constructeurs automobiles français réagiront à ces annonces ?